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Identifier la dysorthographie* à la maison et à l'école
Dans cet article, nous allons apprendre à reconnaître la dysorthographie : comment l’identifier, quels signes observer et quels symptômes doivent alerter les parents.
Comme il s’agit d’un trouble du langage écrit*, les difficultés apparaissent surtout au moment de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Cependant, la dysorthographie est très fréquemment — voire presque toujours — associée avec le trouble spécifique des apprentissages avec déficit en lecture (dyslexie) . Il est donc utile de repérer aussi certains signes précoces de cette dernière.
Repérage à la maison :
1. Les premières difficultés à repérer chez les enfants :
- Des difficultés à mémoriser certaines informations (comme le nom des couleurs, des objets ou de nouveaux mots de vocabulaire) ;
- Un langage oral parfois imprécis, peu fluide, avec un vocabulaire limité et des phrases mal construites ;
- Des problèmes de conscience phonologique, c’est-à-dire de manipulation des sons (repérer un son dans un mot, trouver des rimes, identifier la première ou la dernière syllabe d’un mot) ;
- Et parfois, des difficultés motrices fines (boutonner une chemise, se repérer dans l’espace, etc.).
2. Evolution des difficultés :
C’est à l’entrée au CP, lors des premiers apprentissages de la lecture, que les difficultés deviennent visibles. L’enfant se retrouve alors confronté à de nombreuses tâches écrites qui mobilisent des compétences encore fragiles.
Les signes qui doivent attirer l’attention sont notamment :
- Des problèmes de phonologie (manipulation des sons) ;
- Des difficultés à enrichir le vocabulaire ;
- Une mauvaise mémorisation ;
- Des obstacles dans la correspondance entre les sons et les lettres (graphème/phonème) ;
- Des fautes fréquentes en orthographe, notamment lors des dictées.
Ces difficultés peuvent apparaître dans toutes les matières, car l’écrit est omniprésent (français, mathématiques, histoire, sciences, etc.). Cela peut amener l’enfant à perdre confiance en lui, à se dévaloriser et parfois à éviter certaines activités scolaires.
3. Un lien à faire avec le trouble spécifique des apprentissages avec déficit en lecture (dyslexie) :
Les enfants dysorthographiques rencontrent des obstacles similaires à ceux des enfants dyslexiques. Ils peinent à relier les sons entendus à leurs représentations écrites, font des confusions de lettres ou de sons (par exemple : p/b, ch/j), ajoutent des lettres ou des syllabes, et ont du mal avec les règles d’accord.
Les erreurs d’encodage sont variées :
- Difficulté à mémoriser l’orthographe des mots irréguliers (ex. : femme, monsieur, second) ;
- Difficulté à voir les liens entre des mots de la même famille (ex. : fleur / fleuriste) ;
- Difficulté à appliquer les règles grammaticales (pluriels, terminaisons verbales, etc.).
4. Les répercussions psychologiques :
Ces troubles peuvent engendrer des difficultés émotionnelles : anxiété, stress, colère, tristesse, perte d’estime de soi.
Il faut rappeler que ces enfants ne manquent ni d’intelligence ni de volonté : ils fournissent souvent beaucoup plus d’efforts que les autres. Leur fatigabilité est réelle, d’où l’importance d’adopter une attitude bienveillante et encourageante à leur égard.
- En cas de doute entre un simple retard d’apprentissage et un véritable trouble, il est recommandé de consulter un orthophoniste ou un médecin pour établir un diagnostic précis.
Repérage à l'école
1. Les élèves présentant une dysorthographie peuvent manifester divers signes, tels que :
- Des difficultés persistantes en orthographe ;
- Des erreurs fréquentes lors de l’encodage ou de la copie, notamment sur le genre et le nombre ;
- Des troubles de la lecture souvent associés, bien que de nature différente ;
- Une mauvaise mémorisation des mots et des règles ;
- Une fatigabilité importante et une grande lenteur dans les tâches écrites ;
- Ainsi qu’un manque de confiance en soi.
2. Au niveau phonologique et de l’encodage :
On peut observer :
- Une mauvaise mémorisation des graphèmes, souvent liée à une faible discrimination auditive ou à des confusions entre sons proches ;
- Des difficultés à faire correspondre les sons entendus aux lettres écrites ;
- Des omissions, inversions ou erreurs visuelles (ex. : chemin → chenin) ;
- Et des problèmes à percevoir l’ordre des sons dans les mots.
3. Au niveau sémantique et lexical :
Les signes suivants peuvent être repérés :
- Une difficulté à se créer une image mentale du mot, ce qui empêche de mémoriser correctement son orthographe (ex. : femme) ;
- Des problèmes avec les mots irréguliers ;
- Une instabilité de l’orthographe d’un même mot, qui peut être écrit différemment d’une fois à l’autre ;
- Une confusion entre des mots de sens proche (ex. : vert / vers) ;
- Et des difficultés à segmenter correctement les mots dans une phrase.
4. Au niveau morphosyntaxique :
Les enfants peuvent présenter :
- Des confusions entre les catégories grammaticales (nom/verbe, adjectif/nom, etc.) ;
- Des erreurs d’accord en genre et en nombre ;
- Et des difficultés à utiliser les marques syntaxiques nécessaires à la construction correcte des phrases.
5. En production écrite :
La rédaction constitue une tâche particulièrement complexe. Elle demande une planification, une attention soutenue et une capacité à se relire, trois aspects souvent problématiques pour les élèves dysorthographiques.
La difficulté à corriger leurs propres erreurs peut engendrer de l’anxiété et une baisse de motivation.
6. En lecture et compréhension :
On remarque fréquemment :
- Une lecture lente et non automatisée ;
- Des confusions entre lettres ou sons proches ;
- Des omissions, ajouts ou inversions de lettres ;
- Et, en conséquence, des problèmes de compréhension du texte.
7. Dans d’autres domaines scolaires :
Des répercussions peuvent également apparaître dans :
- Le langage oral (vocabulaire limité, phrases plus simples) ;
- La mémorisation générale ;
- Les mathématiques, notamment pour les notions abstraites ;
- L’apprentissage des langues étrangères ;
- Et la gestion du matériel ou l’organisation du travail.
Conclusion :
La dysorthographie est un trouble spécifique du langage écrit qui se manifeste principalement à travers des difficultés d’acquisition et de maîtrise de l’orthographe. Souvent associée à la dyslexie, elle touche des compétences essentielles telles que la mémorisation, la discrimination auditive, la conscience phonologique et la structuration grammaticale.
À l’école, ces difficultés peuvent se traduire par des erreurs fréquentes dans les dictées, une lenteur dans les tâches écrites, des confusions de sons ou de lettres, ainsi qu’un manque d’automatisation de la lecture et de l’écriture. Elles ont également des répercussions émotionnelles importantes : fatigue, anxiété, perte de confiance en soi et sentiment d’échec.
Cependant, il est essentiel de rappeler que les enfants dysorthographiques possèdent de nombreuses compétences et qualités, notamment une grande persévérance, une créativité souvent développée et une intelligence intacte. Un repérage précoce, une prise en charge adaptée (notamment orthophonique) et un accompagnement bienveillant de la part des enseignants et des parents permettent de limiter les difficultés et de restaurer la confiance de l’enfant.
Ainsi, reconnaître, comprendre et soutenir les élèves dysorthographiques représente un enjeu fondamental pour favoriser leur réussite scolaire et leur épanouissement personnel.
