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Comprendre le Trouble Développemental de la Coordination (dyspraxie)
1. Qu’est-ce que le Trouble Développemental de la Coordination (TDC) ?
La dyspraxie est un trouble développemental de la coordination motrice (TDC), lié à un dysfonctionnement des zones cérébrales qui contrôlent la motricité. Le TDC apparait avant la naissance ou durant l’enfance et peut affecter le développement cérébral de manière plus ou moins importante.
Le terme dyspraxie peut être décomposé :
- Dys- : trouble ou anomalie de fonctionnement.
- Praxie : mouvements complexes organisés selon un objectif précis, c’est-à-dire la coordination de gestes appris pour accomplir une action.
Ainsi, la dyspraxie correspond à un trouble de la coordination, de la programmation et de l’automatisation des gestes. Ces fonctions mobilisent deux capacités exécutives essentielles :
- La planification : permet de s’organiser selon un plan ou des méthodes mémorisées dans la mémoire procédurale.
- La plasticité cérébrale : permet de diriger l’attention vers les éléments jugés prioritaires.
Ces troubles apparaissent dans un contexte de stimulations normales et peuvent affecter des activités quotidiennes simples, comme apprendre à faire ses lacets.
2. Prévalence et facteurs.
Les chiffres restent approximatifs, mais la dyspraxie toucherait environ 5 à 7 % des enfants âgés de 5 à 11 ans. Les garçons sont 2 à 4 fois plus souvent concernés que les filles, et on considère qu’il y a au moins un enfant dyspraxique par classe. La variabilité des données s’explique par :
- La difficulté de diagnostic,
- Les appellations différentes selon les médecins,
- Les degrés d’atteinte variés, qui ne permettent pas toujours de parler de dyspraxie à proprement parler.
3. Les manifestations principales de la dyspraxie.
3.1 Difficultés d’automatisation des gestes :
Chez les enfants dyspraxiques, le geste automatique et le geste volontaire ne sont souvent pas dissociés. Par exemple, monter des escaliers en chantant, qui mobilise simultanément la mémoire procédurale et la mémoire sémantique, devient extrêmement difficile.
Exemple quotidien : se laver les dents
Une action simple nécessite plusieurs étapes coordonnées :
- Ouvrir le tube de dentifrice correctement (apprentissage mémorisé).
- Replacer le bouchon et mémoriser sa position (mémoire à court terme).
- Prendre le dentifrice dans une main, la brosse dans l’autre.
- Ajuster la pression pour déposer le dentifrice.
- Appliquer le dentifrice sur la brosse.
- Refermer correctement le tube.
Pour un enfant dyspraxique, chaque étape peut sembler nouvelle et demander un effort conscient, car la mémoire procédurale est altérée.
3.2 Vision et orientation dans l’espace :
Les dyspraxiques peuvent présenter des difficultés visuo-spatiales, avec :
- Réduction de l’empan visuel,
- Difficultés à lire correctement des mots ou à organiser son regard dans l’espace,
- Problèmes pour suivre des cibles mobiles ou explorer un espace donné.
4. Les types de dyspraxie.
- Dyspraxie constructive : difficultés à assembler ou construire, touche également l’habillage, les jeux de construction, le bricolage ou la couture.
- Dyspraxie constructive visuo-spatiale : problèmes d’orientation et de coordination visuelle, difficultés à fixer ou suivre une cible.
- Dyspraxie non-constructive : troubles de la séquentialité des gestes, sans difficultés de construction ou d’assemblage.
- Dyspraxie idéatoire : difficulté à manipuler des outils ou suivre la chronologie d’actions (tournevis, compas…).
- Dyspraxie idéomotrice : difficulté à imiter ou mimer des gestes sans manipulation d’objets, nécessitant l’analyse et la reproduction via la mémoire procédurale.
- Dyspraxie orofaciale : difficultés à parler, souffler, articuler ou déglutir, affectant les gestes simples et complexes des organes de la phonation et du visage.
5. Conséquences principales
- Absence d’automatisation des gestes : chaque action quotidienne peut nécessiter un effort conscient et répétitif.
- Troubles de planification et de mémoire procédurale : difficultés à mémoriser l’ordre des gestes, même pour des actions routinières comme se doucher ou s’habiller.
- Difficultés visuo-spatiales : orientation, repérage dans l’espace, lecture et exploration visuelle.
- Impact sur la vie scolaire et quotidienne : habillage, écriture, activités manuelles, manipulation d’objets et communication orale peuvent être affectés.
Conclusion
La dyspraxie est un trouble développemental de la coordination motrice qui affecte la planification, l’automatisation et l’exécution des gestes, ainsi que parfois les capacités visuo-spatiales et orofaciales. Elle se manifeste par des difficultés dans les activités quotidiennes, scolaires et motrices, rendant certaines tâches simples beaucoup plus complexes pour l’enfant concerné.
Bien que les signes et la sévérité varient d’un enfant à l’autre, la dyspraxie nécessite une reconnaissance précoce afin de mettre en place un accompagnement adapté. Grâce à des stratégies ciblées, des outils compensatoires et un soutien éducatif personnalisé, il est possible de favoriser l’autonomie, le développement des compétences et l’intégration sociale de l’enfant, tout en réduisant la frustration liée à ces difficultés.
En somme, comprendre la dyspraxie, c’est reconnaître la complexité de ce trouble, son impact sur le quotidien et l’importance d’un suivi structuré et bienveillant pour accompagner l’enfant dans son développement.
