Comprendre la dysorthographie

1. La dysorthographie :

1.1 Qu’est-ce que c’est ?

La dysorthographie est un trouble neurodéveloppemental. C’est un trouble qui résulte d’un défaut de développement d’une ou plusieurs aires cérébrales, entrainant un dysfonctionnement d’une ou plusieurs compétences cognitives qui conduit à des difficultés plus ou moins grandes, variables selon les personnes. C’est la structure du langage écrit qui est atteinte.

1.2 Les facteurs de risques de la dysorthographie :

  • L’hérédité,
  • Le faible poids de naissance,
  • D’autres troubles des apprentissages.

1.3 Définition :

De la même manière que la dyslexie, la dysorthographie est un trouble de l’acquisition de l’orthographe d’origine développementale et parvenant dans un contexte d’exposition au langage écrit suffisant et chez une personne ne possédant pas de déficience cognitive. Parmi les difficultés retrouvées, on relève des difficultés d’apprentissage et d’automatisation de la correspondance phonème graphème (c’est-à- dire que pour un son il y a une lettre associée), des difficultés dans les productions écrites, et des difficultés à respecter les règles, que ce soient des règles de ponctuation, de conjugaison ou de grammaire.                                                                                                                                

Ce trouble touche 5% des enfants. 

Les garçons sont 2 fois plus touchés que les filles. 

Il faut préciser que ce chiffre manque de précision car ce trouble est souvent sous-évalué.      

2. Les différents types de dysorthographie :

trouble de l’orthographe

3. Les manifestations de la dysorthographie :

On peut noter des troubles de la transcription phonologique, c’est-à-dire de la correspondance phonème graphème. Lorsque j’entends un son, par exemple le son [a], je sais que pour l’écrire, je dois écrire la lettre A. Pour les enfants qui rencontrent des difficultés de type dysorthographie, ce lien va être très difficile à établir et l’automatisation est retardée. Il n’y aura même parfois jamais d’automatisation pour certains sons, et l’enfant devra toujours fournir un effort cognitif et conscient pour pouvoir écrire un son. Cela se manifestera par des erreurs auditives et visuelles répétées. Malgré le fait qu’on reprenne la leçon, qu’on donne des petites astuces, ces erreurs vont persistées.

Ensuite, on décrit des troubles du contrôle sémantique, c’est-à-dire des difficultés à mémoriser les mots ainsi que leur utilisation. L’enfant va utiliser un mot à la place d’un autre parce qu’ils sont phonétiquement proches. Par exemple, « balai » et « baleine », ça se ressemble énormément. Ils peuvent être utilisés l’un à la place de l’autre.

On retrouve également des troubles morphosyntaxiques, c’est-à-dire des difficultés qui vont toucher la syntaxe de la phrase (difficultés à comprendre et à appliquer les règles grammaticales et syntaxiques). L’enfant aura beaucoup de mal à réaliser les accords au pluriel et à comprendre des règles autour de l’utilisation du participe passé.

Et enfin, on trouve des troubles du lexique orthographique, c’est-à-dire que l’enfant qui va avoir un lexique orthographique restreint. Cela se traduit par des erreurs d’orthographes, même pour des mots qui sont très connus et familiers.

4. Les troubles associés :

trouble spécifique des apprentissages

Conclusion : Comprendre ce trouble et ses manifestations permet d’adopter un regard bienveillant et d’ajuster l’accompagnement éducatif et thérapeutique. 

Dans un prochain article, les signes d’appel à repérer au quotidien – à la maison comme à l’école – permettront d’identifier plus précocement la dysorthographie et d’offrir aux enfants concernés un soutien adapté, favorisant leur réussite et leur confiance en eux.