Comment repérer le trouble développemental de la coordination (TDC) ?

1. Repérer le TDC à la maison :

Cet article est rédigé à titre d’information. Il est important de garder en tête que chaque enfant est différent. L’acquisition de certaines compétences motrices sont tout à fait possible mais cela peut être plus ou moins laborieux. Je tiens à apporter ces précisions par rapport aux  certains témoignages que j’ai pu avoir. 

Belle lecture ! 

1.1 Signes observables par les parents :

Certains comportements peuvent alerter les parents :

  • Un enfant maladroit, qui laisse souvent tomber des objets.
  • Des chutes fréquentes ou des collisions avec des meubles et portes, liées à une difficulté à percevoir son corps dans l’espace.
  • Un enfant brusque ou peu conscient de son environnement proche.
  • Un désordre important et une perte fréquente de ses affaires.
  • Un discours immature ou confus.

Ces signes peuvent être présents chez de nombreux enfants. Il est donc important de faire confirmer le diagnostic par un spécialiste.

1.2 Difficultés dans les gestes et routines quotidiennes :

Les enfants dyspraxiques rencontrent des obstacles dans l’exécution de gestes complexes et séquentiels, car la planification et l’automatisation sont altérées. Voici quelques exemples :

  • Se laver : la chronologie des gestes (haut du corps, bas du corps, gant, savon, rinçage) n’est pas automatisée.
  • S’habiller : distinguer l’endroit de l’envers des vêtements, boutonner correctement, maîtriser les fermetures éclairs et organiser l’ordre des vêtements.
  • Faire ses lacets : une tâche déjà complexe pour les enfants sans trouble devient particulièrement difficile.
  • Se coiffer : organiser les mouvements du haut vers le bas du crâne demande une planification consciente.

Ces activités, pourtant simples, sollicitent fortement l’attention et peuvent épuiser l’enfant dès le début de la journée.

1.3 Difficultés dans les jeux et activités scolaires :

Les enfants peuvent éviter certaines activités comme :

  • Les puzzles : cette activité nécessite une organisation, un tri et une coordination visuo-spatiale. Les enfants dyspraxiques ont du mal à passer d’un cadre à un autre ou à suivre la séquentialité des gestes.
  • Les jeux de construction : ils exigent force, préhension et planification pour atteindre un objectif précis.
  • Le dessin et coloriage : ces tâches demandent anticipation, contrôle de la pression sur le crayon et capacité à reproduire une image mentale.
  • Le vélo et patin à roulettes : ces activités sollicitent une coordination des gestes, un équilibre et des repères spatiaux mobilisés simultanément.

Ces enfants se tournent souvent vers les jeux symboliques, où ils peuvent exprimer leur imagination et leurs compétences verbales, moins dépendantes de la motricité fine et de la planification.

1.4 Difficultés de repérage dans le temps et dans l’espace :

  • Repérage temporel : difficultés à s’organiser dans la journée, la semaine ou l’année.
  • Orientation spatiale : se déplacer dans des lieux peu familiers, lire un plan, suivre un texte ou un tableau peut être compliqué.

 

 

Exemple concret : ouvrir une porte
Ouvrir une porte implique plusieurs étapes inconscientes pour un enfant sans trouble :

  1. Identifier le besoin (entrer ou sortir).
  2. Localiser la porte (repérage visuo-spatial).
  3. Saisir la poignée et la tourner dans le bon sens.
  4. Ajuster la force pour pousser ou tirer la porte.

Pour un enfant dyspraxique, chaque étape demande une attention consciente et un effort considérable, ce qui rend l’action plus lente et fatigante.

1.5 Conséquences sur la vie quotidienne :

Les enfants dyspraxiques doivent mobiliser beaucoup d’attention pour toutes les actions quotidiennes, même les plus simples. Cela entraîne :

  • Une fatigue importante,
  • Une sensation d’être toujours « en retard » par rapport aux autres,
  • Des difficultés pour atteindre l’autonomie, malgré des progrès réguliers.

2. Comment repérer la dyspraxie à l’école ?

2.1 Points forts observables :

Les enseignants peuvent remarquer chez ces enfants :

  • Une très bonnes performances à l’oral et un vocabulaire riche,
  • Une inventivité et une grande créativité,
  • Un esprit curieux et vif,
  • Une sensibilité et une empathie développée,
  • Une excellente mémoire à long terme pour certains aspects (notamment sémantiques), bien que leur mémoire procédurale reste déficiente (ex. : monter des marches en chantant reste difficile).

2.2 Signes de difficultés :

Malgré leurs qualités, les enfants dyspraxiques présentent souvent :

  • Une fatigabilité et lenteur,
  • Une tendance au découragement et à l’ennui,
  • Une maladresse et un manque de soin,
  • Une faible confiance en eux.

Ces élèves peuvent être perçus à tort comme immatures ou peu motivés, alors qu’ils sont pleinement conscients de leurs difficultés. La peur de l’échec peut les amener à éviter certaines tâches ou apprentissages.

2.3 Difficultés à l’oral :

  • Organisation de la pensée : bien que leur vocabulaire soit souvent riche, ils ont du mal à structurer leurs récits ou leurs explications (absence de début, milieu et fin) surtout en situation émotionnelle.
  • Ces difficultés relèvent davantage de la planification et de la chronologie que de la mémoire lexicale ou de la dysphasie.

2.4 Difficultés à l’écrit :

  • Graphisme : lettres difficiles à tracer, irrégulières et fluctuantes dans un même mot.
  • Alignement : difficultés à suivre les lignes.
  • Inversions : lettres souvent inversées.
  • Charge attentionnelle : l’écriture mobilise trop de ressources cognitives pour permettre à la fois le geste graphique, l’orthographe et le contenu. Cela peut fausser les évaluations écrites.

2.5 Difficultés en lecture :

  • Confusion de lettres visuellement proches, troubles de la coordination oculo-motrice.
  • La lecture par voie d’adressage (reconnaissance globale des mots) est peu automatisée, rendant difficile la constitution d’un stock orthographique et lexical.
  • La compréhension est altérée, car l’élève peine à repérer les informations importantes et à relire efficacement les passages incompris.

2.6 Difficultés en mathématiques :

  • Numération et calcul : difficulté à coordonner les gestes pour dénombrer et construire mentalement les nombres.
  • Opérations écrites : les troubles visuo-spatiaux compliquent l’organisation des chiffres et la mise en place des calculs.
  • Géométrie : tracer des segments ou utiliser correctement des instruments (règle, compas) demande une anticipation et une précision motrice très difficile à automatiser.

2.7 Écriture et motricité fine :

  • L’écriture reste lente et chaque lettre peut représenter une nouvelle tâche pour l’enfant.
  • La plupart des enfants dyspraxiques présentent également une dysgraphie, mais tous les enfants dysgraphiques ne sont pas dyspraxiques.

2.8 Méthodologie et organisation :

  • L’organisation du travail est difficile : feuilles froissées, classeurs mal rangés, difficulté à retrouver ses supports.
  • Ces enfants cumulent lenteur, troubles praxiques et difficultés de repérage, ce qui les pénalise doublement dans la prise de notes et l’étude autonome.

Conclusion

Repérer la dyspraxie nécessite une attention particulière tant à la maison qu’à l’école. À la maison, les signes peuvent se manifester par la maladresse, la lenteur dans les gestes quotidiens, la difficulté à automatiser des actions simples et la fatigue liée à l’attention soutenue nécessaire pour accomplir des tâches routinières. Les activités comme s’habiller, se laver, faire des puzzles ou utiliser des outils peuvent devenir des défis majeurs.

À l’école, la dyspraxie se traduit souvent par une lenteur dans les travaux écrits, des difficultés en lecture, en mathématiques ou en géométrie, ainsi que par une organisation et une méthodologie fragile. Malgré ces obstacles, les enfants dyspraxiques peuvent montrer de grandes capacités verbales, une curiosité vive et une inventivité notable, ce qui souligne l’importance de ne pas les juger sur leurs seules difficultés motrices ou organisationnelles.

Une identification précoce et précise, par l’observation attentive des comportements à la maison et à l’école et la confirmation par un spécialiste est essentielle. Elle permet de mettre en place des stratégies adaptées pour soutenir l’enfant dans ses apprentissages et favoriser son autonomie, tout en réduisant la fatigue et la frustration au quotidien.